Une mer de requins

29 janvier 2018

Redistribution sans conscience est la ruine de l'homme

J'emprunte cette phrase à Rabelais, en espérant qu'il ne m'en voudra pas. Je suis persuadé depuis longtemps que la redistribution est rarement la solution idéale, en matière d'économie comme de société. Et au cours d'un meeting qui avait lieu à Faro la semaine dernière, j'ai eu la « chance » de discuter avec une personne qui plaidait passionnément l'idée selon laquelle il fallait taxer encore davantage les riches. Son point de vue m'a, je dois dire, un peu agacé, d'autant que les arguments qu'il avançait étaient plus des postures politiques que des arguments rationnels. Cette personne refusait d'admettre que les impôts et les aides aux revenus ont un impact négatif sur la détermination à travailler des personnes, et donc sur la création de la richesse. Et cet impact vaut tout autant pour le riche que pour le pauvre. Parce qu'un désir extrême d’égalité en vient en fin de compte à entacher le potentiel de croissance de l’économie. Plus la répartition de la richesse est forte, moins il y a de richesses à distribuer. Rien que le fait de sortir la pelle à gâteau et d’annoncer l'envie de diviser le gâteau le fait déjà rétrécir ! Et c'est encore plus vrai en temps de crise : toute personne qui continue à promouvoir la redistribution à outrance mord de ce fait la main qui la nourrit. Les hommes les plus entreprenants se retrouvent être les plus imposés, et sont ainsi découragés de concourir à la richesse totale. Les citoyens les moins entreprenants, qui sont subventionnés, sont alors également découragés à contribuer au confort de tous ! Cela dit, je ne dis pas pour autant qu'il faut abandonner la redistribution. L'histoire a montré à de nombreuses reprises qu'une trop forte inégalité n’est jamais souhaitable : dans de tels cas de figure, le décalage entre les riches et les plus humbles rend utopique une vie normale en société. Mais je reste également convaincu qu'un souci exagéré d’égalité nuit fortement au potentiel de croissance. Je ne suis malheureusement pas parvenu à convaincre cette personne du bien-fondé de mon propos lors de ce meeting à Faro, mais je crois que, pour beaucoup, la redistribution des richesses repose moins sur une idée d'égalité que sur l'envie de profiter de la manne... Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de ce séminaire à Faro.

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19 janvier 2018

La fin du modèle agricole

Ce n’est certes pas encore l’équivalent de la “révolution verte” – ce mouvement général qui, après-guerre, avait à coups de mécanisation forcenée et de forte utilisation d’engrais changé radicalement la manière de faire pousser les plantes et d’élever les animaux – mais l’actuel foisonnement d’innovations agricoles pour réinventer le secteur et relever les défis du XXIe siècle, tant techniques qu’économiques et sociétaux, traduit une effervescence inédite dans les campagnes. Qu’elle soit “raisonnée”, “durable”, “biologique”, “de conservation” ou encore de “précision”, l’agriculture n’est plus une mais plurielle. L’ambition de ces nouvelles formes d’agriculture qui empruntent tout à la fois aux méthodes agricoles des anciens et aux nouvelles technologies numériques ? Rompre avec la logique du modèle productiviste industriel. Celui-ci, à force de pousser les rendements pour nourrir la population, a conduit le système dans l’impasse : trop polluant, pas assez sain, manquant de variétés et finalement économiquement peu viable. “Qu’elle soit “raisonnée”, “durable”, “biologique”, “de conservation” ou encore de “précision”, l’agriculture n’est plus une mais plurielle” Un challenge écologique au premier chef mais aussi, indissociablement lié, un défi stratégique global, tant il est vrai que l’activité agricole ne peut plus penser sa production sans tenir compte en même temps de sa transformation et de ses débouchés. Pour l’heure, les réponses ressemblent plus à un patchwork de solutions mis sur la table un brin en désordre qu’à une toile de tissu monochrome bien visible et identifiée. C’est sans doute parce que l’alternative globale avec un grand A n’existe pas, obligeant chaque agriculteur à jouer sur la gamme afin de trouver son meilleur positionnement face à des considérations à enjeux multiples, qu’ils soient environnementaux, sanitaires, ou économiques. Et c’est tant mieux car comme pour la biodiversité naturelle, un système agricole pluriel rendra probablement plus de services qu’une agriculture monolithique, tout en se montrant sûrement plus résilient aux futurs chocs qui ne manqueront pas de survenir. Après la Seconde guerre mondiale, on n’a demandé qu’une seule chose à l’agriculture : produire pour nourrir la population (les derniers tickets de rationnement ne furent supprimés qu’en 1950). Avec à la clé une nette répartition des rôles : à l’Allemagne l’industrie, à la France, l’agriculture ! La même recette – facile à réaliser et donc à dupliquer – fut mise en œuvre pour booster les rendements : agrandissement des fermes et des champs par le remembrement, simplification des productions avec une ou deux cultures maximum en rotation, recours massif aux engrais pour les cultures et aux antibiotiques pour les élevages, épandage sans compter des pesticides pour sécuriser au maximum les récoltes, mécanisation forcenée pour accroître la productivité et réduire les coûts par tête… Bref, une intensification maximum tous azimuts. “Si la mission de nourrir les Français au moindre coût est bien remplie, c’est au prix de dégâts collatéraux de plus en plus visibles et insupportables” C’est l’époque où l’on voit se dessiner une nouvelle carte agricole des régions françaises avec des spécialisations très fortes, par exemple élevage intensif en Bretagne et céréales dans le bassin parisien. Le tout branché sur une industrie agroalimentaire en plein développement et distribué majoritairement par les grandes surfaces alimentaires. Et à l’abri d’une politique agricole commune (PAC) première mouture, qui garantissait des prix minimums. Mais il y a un hic : si la mission de nourrir les Français au moindre coût est bien remplie, c’est au prix de dégâts collatéraux de plus en plus visibles et insupportables. Petit à petit, l’agriculture se voit affublée de tous les maux, souvent non sans raison : elle est perçue comme une activité qui pollue l’eau et l’air, dont la production a perdu ses valeurs nutritives, voire qui “empoisonne” du fait des résidus chimiques. Et s’ajoute à la liste un nouveau grief: la maltraitance des animaux. Au tournant des années 2000, de tous les côtés qu’on le regarde, le modèle d’agriculture industrielle va dans le mur.

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13 décembre 2017

Le parfum

C'est drôle, comme on peut littéralement redécouvrir le monde, par moments. Pour ma part, je l'ai redécouvert à l'occasion d'un stage de création de parfum que j'ai fait la semaine dernière à Eze. Pour vous dire l'effet que ça m'a fait : j'ai un peu l'impression d'avoir été un personnage de bande dessinée, vivant dans un univers en deux dimensions, qui serait brusquement sorti de sa case et aurait découvert la troisième dimension ! Depuis, je prête attention aux odeurs que je respire, et je me rends compte que nous baignons en permanence dans les odeurs. C'est fascinant, et ça change complètement la façon de vivre le quotidien. Si vous décidez de réaliser un tel stage un jour ou l'autre, cependant, sachez que créer un parfum est une tâche bien plus complexe qu'il n'y paraît. N'est pas maître parfumeur qui veut, n'est-ce pas. Et même quand on pense avoir le nez fin, on peut rapidement être complètement perdu au milieu de toutes ces odeurs ! Surtout que celles que vous appréciez ne se mélangent pas forcément bien. Et puis, même quand vous réalisez la note de fond de vos rêves, rien ne dit que vous n'allez pas tout gâcher avec la note de coeur ! Bref, autant vous dire que vous avez peu de chances de fabriquer le parfum de vos rêves en quelques heures ! Pour ma part, celui que j'ai réalisé me fait un peu penser à ces cravates personnalisées que m'offrent mes enfants à la fête des pères : j'apprécie le cadeau, mais je ne les porterais pas tous les jours... :) Cela dit, l'expérience est extrêmement intéressante, et je ne regrette pas du tout de l'avoir tentée. Il n'est d'ailleurs pas impossible que je refasse un stage, un jour ou l'autre. Cette première tentative m'a laissé un furieux goût de reviens-y. :) Si cette aventure olfactive vous intéresse, voilà le site où j'ai trouvé ce stage de création de parfum. C'était à Eze, mais il me semble qu'il y en a ailleurs aussi. Davantage d'information est disponible sur le site de cette session pour créer son parfum à Eze.

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11 décembre 2017

Renforcer l'intégration du secteur financier pour assurer un meilleur partage des risques entre les acteurs privés

La poursuite de l'intégration financière en zone euro constitue une priorité réalisable à court terme, dans le cadre des traités actuels. Elle repose essentiellement sur deux volets, visant à assurer un meilleur partage des risques par le secteur privé et à réduire la fragmentation financière. D'une part, l'achèvement de l'Union bancaire constitue un chantier prioritaire. L'adoption de nouvelles mesures de réduction des risques dans le domaine prudentiel (intégration de Bâle 3, nouveaux ratios de passifs de renflouement interne, etc.) et, dans le même temps, de mesures de partage de ces risques, avec la mise en place d'un mécanisme commun de soutien permanent (« backstop ») au Fonds de résolution unique et l'introduction d'une garantie européenne des dépôts, devrait permettre de diminuer les risques de contagion entre bancaire et souverain et d'éviter des situations de fuite des dépôts dans un pays qui fait face à un choc de confiance sur son secteur bancaire. D'autre part, la poursuite de l'initiative engagée en 2015 visant à établir une Union des marchés de capitaux (UMC) dans l'Union européenne constitue une étape d'intégration de nature à mieux répartir les risques en zone euro et donc à renforcer sa résilience tout en améliorant l'environnement des affaires. En effet, l'objectif est de faciliter et diversifier le financement des entreprises, dont les PME et ETI, qui repose aujourd'hui largement sur le secteur bancaire. L'UMC permettrait ainsi, notamment grâce à des mesures destinées à développer le capital-investissement et une meilleure efficacité des régimes de faillites, de faciliter l'accès des entreprises aux marchés financiers ainsi que l'investissement transfrontalier, de réduire la fragmentation financière au sein de l'Union européenne et de renforcer sa résilience en favorisant une répartition des risques au sein du secteur privé sur un champ plus large.

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18 novembre 2017

Garder un vin

A l'occasion d'un cours d'oenologie que j'ai suivi à Caen le mois dernier, j'ai enfin pu répondre à une question ô combien cruciale : combien de temps faut-il conserver les vins de garde ? Bon, déjà il faut savoir qu'il est difficile de savoir exactement à partir de quand on peut commencer à boire un cru. Parce que le vin est un produit vivant, qu'il est différent d’une propriété à l’autre, même voisine, qu'il varie selon la qualité du millésime, qu'il évolue différemment selon les conditions de stockage... Surtout, cela dépend des goûts de chacun. Les uns aiment les vins évolués, lorsqu’ils sont complètement tuilés. D'autres les préfèrent encore jeunes, charpentés et puissants... Difficile alors de vouloir généraliser autant de paramètres contradictoires. Pourtant, ce n'est pas si compliqué. Voici la règle d'or : Il faut ouvrir de temps en temps une bouteille, afin d’en observer l'évolution. On sait que les crus bourgeois de Pauillac se gardent entre 8 et 15 ans environ. Si votre cave est chaude, le millésime un peu léger, goûtez-en une bouteille au bout de 6 ans. Si elle râpe encore, si le vin est austère, si vous n’avez pas de plaisir, alors notez de ne pas y revenir avant 3 ou 4 ans. Lorsqu'il commence à être enfin aimable, qu'il commence à bien s'arrondir, suivez-le plus régulièrement. Enlin, quand il est complètement épanoui, que vous vous régalez de le goûter, alors pensez à boire les dernières bouteilles, sans trop tarder ! Évidemment, cela implique d’avoir au moins 12 bouteilles du même cru. C’est un minimum pour un vin de garde. Et rappelez-vous bien : Il vaut mieux ouvrir une bouteille trop tôt que 12 bouteilles trop tard ! Quant aux nombreux vins qui ne sont pas de garde, il faut éviter d'en oublier trop de bouteilles dans la cave : il n’y a rien de pire que d’ouvrir un flacon en se disant qu'il a dû être bon. Et si vous souhaitez approfondir vos connaissances en la matière, je vous recommande le cours d'oenologie que j'ai fait à Caen : il fourmillait d'infos pratiques et de conseils. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de ce cours d'oenologie à Caen.

vin (5)

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Carnage sismique en Irak

Au moins 213 personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées dans un tremblement de terre de magnitude 7,3 qui a frappé dimanche soir le nord-est de l’Irak et des régions frontalières en Iran et en Turquie. Pour l’heure seul l’Iran a annoncé un bilan officiel provisoire, qui n’a cessé d’augmenter au fil des heures. En Irak, où se situait l’épicentre du séisme, les responsables locaux ne parlent pour l’instant que de six morts. En début de matinée côté iranien, il s’élevait à 207 morts et environ 1.700 blessés, tous recensés dans la province occidentale de Kermanshah, limitrophe de l’Irak. Les autorités iraniennes s’attendent à ce que ces chiffres augmentent compte tenu de la difficulté des secours à atteindre certaines zones reculées. Selon l’Institut géologique américain (USGS), la secousse a été enregistrée à une profondeur de 25 kilomètres à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de la ville d’Halabja, dans une zone montagneuse de la province irakienne de Souleimaniyeh. Elle a eu lieu à 18h18 GMT et a également été ressentie en Iran ainsi qu’en Turquie où ni dégâts ni victimes n’ont été enregistrés, selon les autorités. Les médias publics iraniens ont appelé la population au calme. « La situation est sous contrôle dans les zones frappées par le séisme », dans l’ouest de l’Iran, a assuré la télévision d’État. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a ordonné au gouvernement et aux forces armées de mobiliser « tous leurs moyens » pour venir en aide à la population. En Irak, ce tremblement de terre a fait six morts dans la province de Souleimaniyeh, dans le Kurdistan irakien, selon des responsables locaux. Dans l’ensemble de la province, des personnes sont sorties dans les rues au moment de la secousse et des dégâts matériels ont été signalés, d’après un correspondant de l’AFP. La secousse a été ressentie pendant une vingtaine de secondes à Bagdad et parfois pour des durées plus longues dans les autres provinces d’Irak, qui ont toutes été touchées, ont témoigné des journalistes de l’AFP. Selon le site internet de l’Institut de géophysique de l’Université de Téhéran, le séisme a été suivi par une centaine d’autres secousses, les plus fortes atteignant 4,7 sur l’échelle de Richter. Côté iranien, la ville la plus touchée est Sar-e Pol-e Zahab, avec 142 morts. La ville d’Islamabad et le poste-frontière de Qasr-e Shirin, tous deux également dans la province de Kermanshah ont aussi été touchés.

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09 novembre 2017

Emplois croisés

Les Paradise Papers ont fait remonter pas mal de requins à la surface. Pour autant, il n'était pas besoin d'aller chercher si loin pour en trouver. A preuve : alors même la loi sur la moralisation de la vie publique n'est pas encore entrée en vigueur, des parlementaires LREM ont déjà trouvé la parade : plutôt que d'embaucher leurs enfants, ils embauchent les enfants des autres. Habile parade qui va bien sûr à l'encontre même du projet de loi, mais qui reste légal. Comme pour les amateurs de paradis fiscaux révélés mis en lumière par les Paradise Papers, ces députés LREM ont su exploiter la faille, le cas auquel la loi n'a pas pensé. Enfin, pas pensé, c'est vite dit. Etant donné que cette loi a été votée par ces mêmes personnes, il est plus probable que ce cas ait été volontairement omis, afin de permettre à nos chers élus de se ménager une porte de sortie, et pouvoir continuer à pratiquer librement le népotisme et la collusion en changeant simplement d'apparence. Comme l'a si bien dit notre cher président : "tout ça, c'est de la poudre de perlimpinpin". Sans doute faisait-il référence à cette loi de moralisation de la vie publique, censée redonner confiance aux citoyens envers les politiques. Le fait que cette loi ait été contournée avant même sa mise en vigueur n'aura finalement fait que susciter plus de défiance et d'écoeurement vis-à-vis de la classe politique !

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