Une mer de requins

01 août 2018

Un week-end à Amsterdam

Ah, les voyages. Toute ma vie ! Dernièrement encore, j'ai fait un voyage de groupe à Amsterdam. Pas avec mes collègues, cette fois, mais avec ma famille. Et vous savez quoi ? Ça m'a tellement captivé que j'ai un peu hésité à prendre le chemin du retour ! J'y aurais bien posé mes valises pour un moment. J'ignore si c'est la même chose pour vous, mais en ce qui me concerne, l'envie me prend de temps à autre lorsque je voyage : j'éprouve l'envie de rester là, et de m'y installer. De chercher un poste, même s'il est moins intéressant, d'y installer ma famille. En bref, de tout recommencer à zéro. Le plus étonnant, c'est que je ne trouve pas que l'herbe soit plus verte autre part ; j'entrevois les désagréments qu'il y a à vivre dans les lieux que je visite, et je vois bien que la vie n'y est pas forcément plus douce. Cependant, pour reprendre la métaphore de l'herbe : celle-ci n'y a pas le même goût, et je suis donc fortement tenté de la savourer. C'est tellement désagréable, l'idée qu'on doive se contenter d'une seule vie. Avant le 20ème siècle, c'était plus commode, je pense : le monde était en effet bien moins mobile ; les humains passaient toute leur vie en un même lieu, sans jamais rien voir d'autre. Alors, on ne voyageait presque pas, et encore moins à l'étranger ! Et en terme d'ouverture sur le monde, on ne connaissait du vaste monde que ce qu'en disaient les colporteurs. L'horizon était clairement plus circonscrit ! Et l'on avait par conséquent bien moins de tentations. Mais à une époque comme la nôtre, où l'on voyage d'un simple claquement de doigts, où les chaînes télé permettent de distinguer à quoi ressemble la vie aux quatre coins du monde, la tentation est tout de suite plus importante, et l'on se retrouve à rêver de tout voir. Si vous vous n'avez pas voyagé à Amsterdam, au passage, vous manquez quelque chose : c'est vraiment inoubliable. Je vous mets en lien l'agence qui nous a concocté ce voyage de groupe ! Retrouvez toutes les infos sur ce séjour voyage à Amsterdam en suivant le lien.

Posté par stedelab à 14:21 - Permalien [#]


31 juillet 2018

Un exemple de réflexion sur la vente de savoir-faire

Faut-il faire payer les renseignements fiscaux individuels ? La direction de la législation fiscale participe à l’élaboration du droit fiscal et commente les dispositions du Code général des impôts. Elle est à cet égard régulièrement saisie par des particuliers pour des demandes de clarification de l’état du droit. Il n’est pas rare que ces demandes soient faites par des cabinets d’avocats, qui intègrent les précisions apportées par la DLF dans les conseils qu’ils prodiguent à leurs clients. Dans ce cas, une partie de la valeur ajoutée créée par la DLF n’est pas facturée par elle, mais par le cabinet d’avocat. En première analyse, la DLF serait fondée à faire payer les renseignements qu’elle a donnés, à partir du moment où elle a effectué une prestation de service dépassant le cadre de sa mission et intégrée dans un usage marchand. Elle pourrait même le faire plus largement pour toutes les demandes émanant de particuliers et nécessitant une prestation intellectuelle supplémentaire pour passer des règles générales au conseil individualisé, dans la mesure où sa fonction se rapproche dans ce cas de celle d’un cabinet d’avocat et que les particuliers peuvent toujours recevoir des informations générales en appelant les Centres impôts-services ou en consultant le site Internet de la DLF En réalité, une facturation de ce type se heurte à plusieurs obstacles : il est très difficile d’isoler, dans les flux d’appels et de courriers reçus par la direction de la législation fiscale et, plus largement dans tous les services territoriaux de la direction générale des impôts, les demandes effectuées par des cabinets d’avocats ; les pouvoirs publics ont fait de la sécurité juridique et de la simplification des relations avec les usagers un objectif prioritaire. Ils soutiennent également activement le développement du « rescrit fiscal », pratique qui consiste à faire valider en amont par l’administration fiscale un mécanisme d’optimisation fiscale, afin d’éviter aux particuliers de subir un risque juridique et de permettre à l’administration de réduire la probabilité d’erreurs ou de fraude fiscale. Compte tenu de la complexité du droit fiscal et de l’impact avéré de la qualité de service sur le civisme fiscal, il apparaîtrait en conséquence contradictoire et financièrement contre-productif de faire payer des demandes de renseignement aux usagers ; une grande partie des renseignements par la DLF sont donnés par téléphone. Or, seules les réponses écrites engagent la responsabilité de l’administration fiscale en cas de litige. Une facturation des appels devrait donc nécessairement s’accompagner d’un engagement de l’administration fiscale sur la fiabilité des réponses apportées, ce qui nécessiterait de renforcer considérablement le contrôle des réponses.

Posté par stedelab à 11:25 - Permalien [#]

22 mai 2018

Hi ho, Silver, envole-toi !

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours été fasciné par les avions de chasse. Peut-être parce que mon grand-père était fasciné lui-même, et m'a fait rêver avec toutes ses histoires. Quoi qu'il en soit, il fallait bien qu'un jour, je concrétise ce vieux fantasme : effectuer un vol à bord de l'un d'eux. Ce que j'ai finalement fait jeudi dernier, et pas à bord de n'importe lequel : un Fouga, le mythique ancien appareil de la Patrouille de France. Ca a commencé à Paris Pontoise. Je me suis présenté au matin, un peu fébrile. Après un briefing où l'équipe m'a décrit l'appareil, j'ai enfilé ma combinaison de vol puis je me suis rendu sur la voie de circulation. C'est là que l'étrange appareil à la queue bifide m'attendait. L'avion tentateur et tant attendu revenait justement d'un vol. En rejoignant l'appareil, j'ai donc croisé en cours de route le passager précédent, qui m'a semblé légèrement pâlot et les traits tirés. Le ventre noué, je me suis hissé à bord de l'appareil et me suis harnaché au siège. Hi ho, Silver, en avant ! Quelques minutes plus tard, on était partis. Bon, pour le côté Silver des premières minutes, on repassera. Le décollage est passablement décevant, si l'on s'attend à se retrouver scotché au siège comme dans les films. Dans la réalité, la poussée est très linéaire (démarrer sur les starting blocks consomme trop de kéro). La première partie du vol a été plutôt pépère, avec un vol découverte idéal pour une séance photo. Puis le pilote m'a demandé par le casque-micro si on pouvait amorcer la partie acrobatique. Et comment qu'on pouvait ! On a commencé par un petit looping. Nous nous sommes élevés à toute vitesse. En quelques secondes, nous sommes passés de 1000 mètres à 2000. La pression à l'intérieur du cockpit était stupéfiante : c'est comme si tout le corps voulait fusionner avec le siège. Comme nous grimpions à la verticale, notre vitesse a décrû, et quand nous avons atteint le sommet du looping, je me suis retrouvé tête en bas, maintenu au siège par la vitesse. Puis l'appareil a entamé sa chute, prodigieuse. A la sortie du loop, le pilote m'a demandé si j'étais toujours partant pour continuer. « Hi ho, Silver », n'ai-je pu m'empêcher de répondre. Je ne sais pas si le pilote n'a pas apprécié d'être traité comme un cheval, ou si, au contraire, il a été ravi d'avoir un enthousiaste à son bord. En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a tout donné. Les acrobaties se sont en effet succédées à une telle vitesse que j'ai rapidement perdu le fil. Looping, tonneaux, virages : le pilote semblait bien décidé à me faire goûter à tout. Un mezzé de voltige, en quelque sorte ! Le pilote s'assurait régulièrement que j'étais toujours présent (et pas seulement de corps, mais aussi d'esprit), et je lui répondais chaque fois avec un sourire à la Humpty Dumpty. Je ne dirais pas que mon sourire n'était pas un peu crispé : ce serait mentir, d'autant que je devais contracter mes muscles pour résister aux G et au fameux blackout. Mais malgré l'intensité des figures, je me sentais parfaitement à l'aise. Quoique, je dois le reconnaître, le passager suivant m'a peut-être trouvé l'air pâlot et les traits tirés. Eh, ce n'est pas tous les jours qu'on touche le paradis du bout des doigts ! Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de cette activité de ce vol en avion de chasse Fouga Magister.

Posté par stedelab à 16:17 - Permalien [#]

15 mai 2018

La transformation des qualifications : expert ou généraliste ?

Les technologies d’IA sont souvent présentées comme adaptées au traitement des tâches répétitives et fastidieuses, obéissant à des règles qui peuvent être « apprises » par la machine. Ce n’est que partiellement vrai. L’IA est également capable de traiter des tâches compliquées, par exemple pour la conduite autonome. Dès lors que l’IA gère les tâches élémentaires, il peut en résulter une augmentation de la qualification des travailleurs. Dans la relation-client, si les demandes simples sont traitées par l’IA, les cas complexes sont alors orientés vers les conseillers humains. Ce transfert peut avoir pour effet une augmentation du niveau de compétence ou un besoin accru en compétences sociales, nécessaires à la gestion d’une interaction compliquée avec le client, le patient ou l’usager. Il peut en résulter une intensification du travail, dès lors que les cas simples et routiniers, autrefois majoritaires, sont remplacés par des cas mobilisant davantage l’attention. En matière bancaire, l’IA peut conduire à des besoins de spécialisation, pour apporter une expertise de pointe au client, mais également au développement d’un statut de généraliste, capable d’orienter le client vers le bon spécialiste et de résoudre ces problèmes. Dans la santé, l’intelligence artificielle peut induire une déqualification relative, quand des tâches compliquées exécutées par l’humain sont susceptibles d’un traitement automatique. À l’inverse, l’infirmier ou le manipulateur-radio d’un système d’IA peut voir sa qualification augmenter, en utilisant l’assistance fournie par le dispositif de diagnostic. Cette problématique n’est cependant pas propre à l’IA et relève plus généralement de l’automatisation et de la numérisation, qui conduisent les travailleurs à jouer davantage le rôle de superviseur de dispositif, ce qui suppose la maîtrise des compétences numériques nécessaires. La part de ces différents effets va dépendre des choix d’organisation opérés dans les structures, entre automatisation avancée et complémentarité humain-machine.

Posté par stedelab à 16:33 - Permalien [#]

21 mars 2018

Un mets de choix : la telline

Je ne suis pas mauvais, en cuisine. Je crois même pouvoir dire que je suis plutôt calé, niveau viande, et que je m'en sors plutôt bien avec les poissons. En revanche, question fruits de mer, c'est le blackout complet. J'ai fait une intoxication alimentaire aux moules il y a dix ans de ça, et je m'étais juré de ne plus jamais goûter à tout ce qui avait une coquille. Mais depuis peu, je me surprends à les redécouvrir. Lors d'un cours de cuisine la semaine dernière, j'ai même appris à cuisiner l'un de ces mollusques : la telline de Camargue. Et j'ai compris ce jour-là qu'il était vraiment dommage de faire l'impasse sur les fruits des mers. La telline n'a vraiment rien à voir avec la moule (dont je n'ai jamais été fan, au demeurant) : c'est tout simplemenet l’un des petits mollusques les plus délicieux au monde, et elle vient de Camargue. Ces petites merveilles bivalves vivent juste sous la surface du sable mouillé, le long des côtes méditerranéennes, et sont particulièrement abondantes entre Arles et Montpellier. « Découvertes » par les gourmets dans les années 1960, elles sont depuis lors amplement commercialisées dans la région. La méthode traditionnelle de récolte des tellines s’avère être un art minutieusement réglé qui se déroule le matin : le pêcheur marche le long de la plage en tirant derrière lui un « tellinier », sorte de lame qui racle le sable, prolongée d'une poche en filet qui recueille les tellines. Une fois récoltées, les tellines sont trempées dans de l’eau pendant 12 à 24 h avant d'être servies. Les tellines sont les ingrédients parfaits pour les risottos et les plats à base de pâtes, et si vous avez un jour l'occasion, je vous recommande vraiment de les essayer. Les tellines se mangent habituellement soit crues, soit cuites à la provençale, soit accompagnées d’une bonne persillade riche en ail. Leur saveur douce et délicate, nuancée par un goût iodé, fait apparemment de ces mollusques un plat très recherché par les autochtones comme par les touristes. Lors de ce cours de cuisine, je me suis en tout cas régalé. Et cet ennemi juré qu'est le mollusque a de nouveau droit d'entrée dans ma cuisine. Mais pas les moules. Pour elles, je crois qu'il faudra encore attendre une dizaine d'années supplémentaires. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du blog sur cette activité de ce atelier de cuisine à Valence qui est très bien fait sur le sujet.

Posté par stedelab à 12:45 - Permalien [#]


20 mars 2018

Les TIG en France

En 2005, P-V. Tournier, F. Lombard et A. Kensey publient la première étude permettant de comparer les taux de récidive entre des sortants de prison et des condamnés à des peines non carcérales. Sur une période d’observation de 5 ans, ils font état de taux de récidive de 61% pour les sortants de prison contre 34% pour les bénéficiaires d’un TIG. Ce constat, lié à l’augmentation significative de la population carcérale depuis 2002, a conduit les gouvernements successifs à accroitre le champ d’application du TIG et des autres alternatives à l’incarcération. La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 a renforcé le recours au TIG en allongeant sa durée potentielle et en ouvrant la possibilité d'exécuter un TIG pendant une assignation à résidence avec surveillance électronique. En instaurant la contrainte pénale, la loi du 15 août 2014 a également étendu le recours aux TIG, pour les délits passibles de cinq ans d'emprisonnement au plus, le condamné pouvant être astreint à se soumettre, pendant une durée de six mois à cinq ans, à des « mesures de contrôle et d'assistance ainsi qu'à des obligations et interdictions particulières destinées à prévenir la récidive en favorisant son insertion ou sa réinsertion au sein de la société ». La composition pénale, alternative aux poursuites, se rapproche également du TIG, en ce que la personne, qui reconnaît sa culpabilité, peut se voir infliger diverses mesures parmi lesquelles figure un travail non rémunéré, « au profit de la collectivité », accompli « notamment au sein d'une personne morale de droit public ou d'une personne morale de droit privé chargée d'une mission de service public ou d'une association habilitée ».

Posté par stedelab à 09:43 - Permalien [#]

29 janvier 2018

Redistribution sans conscience est la ruine de l'homme

J'emprunte cette phrase à Rabelais, en espérant qu'il ne m'en voudra pas. Je suis persuadé depuis longtemps que la redistribution est rarement la solution idéale, en matière d'économie comme de société. Et au cours d'un meeting qui avait lieu à Faro la semaine dernière, j'ai eu la « chance » de discuter avec une personne qui plaidait passionnément l'idée selon laquelle il fallait taxer encore davantage les riches. Son point de vue m'a, je dois dire, un peu agacé, d'autant que les arguments qu'il avançait étaient plus des postures politiques que des arguments rationnels. Cette personne refusait d'admettre que les impôts et les aides aux revenus ont un impact négatif sur la détermination à travailler des personnes, et donc sur la création de la richesse. Et cet impact vaut tout autant pour le riche que pour le pauvre. Parce qu'un désir extrême d’égalité en vient en fin de compte à entacher le potentiel de croissance de l’économie. Plus la répartition de la richesse est forte, moins il y a de richesses à distribuer. Rien que le fait de sortir la pelle à gâteau et d’annoncer l'envie de diviser le gâteau le fait déjà rétrécir ! Et c'est encore plus vrai en temps de crise : toute personne qui continue à promouvoir la redistribution à outrance mord de ce fait la main qui la nourrit. Les hommes les plus entreprenants se retrouvent être les plus imposés, et sont ainsi découragés de concourir à la richesse totale. Les citoyens les moins entreprenants, qui sont subventionnés, sont alors également découragés à contribuer au confort de tous ! Cela dit, je ne dis pas pour autant qu'il faut abandonner la redistribution. L'histoire a montré à de nombreuses reprises qu'une trop forte inégalité n’est jamais souhaitable : dans de tels cas de figure, le décalage entre les riches et les plus humbles rend utopique une vie normale en société. Mais je reste également convaincu qu'un souci exagéré d’égalité nuit fortement au potentiel de croissance. Je ne suis malheureusement pas parvenu à convaincre cette personne du bien-fondé de mon propos lors de ce meeting à Faro, mais je crois que, pour beaucoup, la redistribution des richesses repose moins sur une idée d'égalité que sur l'envie de profiter de la manne... Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de ce séminaire à Faro.

Posté par stedelab à 14:58 - Permalien [#]

19 janvier 2018

La fin du modèle agricole

Ce n’est certes pas encore l’équivalent de la “révolution verte” – ce mouvement général qui, après-guerre, avait à coups de mécanisation forcenée et de forte utilisation d’engrais changé radicalement la manière de faire pousser les plantes et d’élever les animaux – mais l’actuel foisonnement d’innovations agricoles pour réinventer le secteur et relever les défis du XXIe siècle, tant techniques qu’économiques et sociétaux, traduit une effervescence inédite dans les campagnes. Qu’elle soit “raisonnée”, “durable”, “biologique”, “de conservation” ou encore de “précision”, l’agriculture n’est plus une mais plurielle. L’ambition de ces nouvelles formes d’agriculture qui empruntent tout à la fois aux méthodes agricoles des anciens et aux nouvelles technologies numériques ? Rompre avec la logique du modèle productiviste industriel. Celui-ci, à force de pousser les rendements pour nourrir la population, a conduit le système dans l’impasse : trop polluant, pas assez sain, manquant de variétés et finalement économiquement peu viable. “Qu’elle soit “raisonnée”, “durable”, “biologique”, “de conservation” ou encore de “précision”, l’agriculture n’est plus une mais plurielle” Un challenge écologique au premier chef mais aussi, indissociablement lié, un défi stratégique global, tant il est vrai que l’activité agricole ne peut plus penser sa production sans tenir compte en même temps de sa transformation et de ses débouchés. Pour l’heure, les réponses ressemblent plus à un patchwork de solutions mis sur la table un brin en désordre qu’à une toile de tissu monochrome bien visible et identifiée. C’est sans doute parce que l’alternative globale avec un grand A n’existe pas, obligeant chaque agriculteur à jouer sur la gamme afin de trouver son meilleur positionnement face à des considérations à enjeux multiples, qu’ils soient environnementaux, sanitaires, ou économiques. Et c’est tant mieux car comme pour la biodiversité naturelle, un système agricole pluriel rendra probablement plus de services qu’une agriculture monolithique, tout en se montrant sûrement plus résilient aux futurs chocs qui ne manqueront pas de survenir. Après la Seconde guerre mondiale, on n’a demandé qu’une seule chose à l’agriculture : produire pour nourrir la population (les derniers tickets de rationnement ne furent supprimés qu’en 1950). Avec à la clé une nette répartition des rôles : à l’Allemagne l’industrie, à la France, l’agriculture ! La même recette – facile à réaliser et donc à dupliquer – fut mise en œuvre pour booster les rendements : agrandissement des fermes et des champs par le remembrement, simplification des productions avec une ou deux cultures maximum en rotation, recours massif aux engrais pour les cultures et aux antibiotiques pour les élevages, épandage sans compter des pesticides pour sécuriser au maximum les récoltes, mécanisation forcenée pour accroître la productivité et réduire les coûts par tête… Bref, une intensification maximum tous azimuts. “Si la mission de nourrir les Français au moindre coût est bien remplie, c’est au prix de dégâts collatéraux de plus en plus visibles et insupportables” C’est l’époque où l’on voit se dessiner une nouvelle carte agricole des régions françaises avec des spécialisations très fortes, par exemple élevage intensif en Bretagne et céréales dans le bassin parisien. Le tout branché sur une industrie agroalimentaire en plein développement et distribué majoritairement par les grandes surfaces alimentaires. Et à l’abri d’une politique agricole commune (PAC) première mouture, qui garantissait des prix minimums. Mais il y a un hic : si la mission de nourrir les Français au moindre coût est bien remplie, c’est au prix de dégâts collatéraux de plus en plus visibles et insupportables. Petit à petit, l’agriculture se voit affublée de tous les maux, souvent non sans raison : elle est perçue comme une activité qui pollue l’eau et l’air, dont la production a perdu ses valeurs nutritives, voire qui “empoisonne” du fait des résidus chimiques. Et s’ajoute à la liste un nouveau grief: la maltraitance des animaux. Au tournant des années 2000, de tous les côtés qu’on le regarde, le modèle d’agriculture industrielle va dans le mur.

Posté par stedelab à 11:16 - Permalien [#]

13 décembre 2017

Le parfum

C'est drôle, comme on peut littéralement redécouvrir le monde, par moments. Pour ma part, je l'ai redécouvert à l'occasion d'un stage de création de parfum que j'ai fait la semaine dernière à Eze. Pour vous dire l'effet que ça m'a fait : j'ai un peu l'impression d'avoir été un personnage de bande dessinée, vivant dans un univers en deux dimensions, qui serait brusquement sorti de sa case et aurait découvert la troisième dimension ! Depuis, je prête attention aux odeurs que je respire, et je me rends compte que nous baignons en permanence dans les odeurs. C'est fascinant, et ça change complètement la façon de vivre le quotidien. Si vous décidez de réaliser un tel stage un jour ou l'autre, cependant, sachez que créer un parfum est une tâche bien plus complexe qu'il n'y paraît. N'est pas maître parfumeur qui veut, n'est-ce pas. Et même quand on pense avoir le nez fin, on peut rapidement être complètement perdu au milieu de toutes ces odeurs ! Surtout que celles que vous appréciez ne se mélangent pas forcément bien. Et puis, même quand vous réalisez la note de fond de vos rêves, rien ne dit que vous n'allez pas tout gâcher avec la note de coeur ! Bref, autant vous dire que vous avez peu de chances de fabriquer le parfum de vos rêves en quelques heures ! Pour ma part, celui que j'ai réalisé me fait un peu penser à ces cravates personnalisées que m'offrent mes enfants à la fête des pères : j'apprécie le cadeau, mais je ne les porterais pas tous les jours... :) Cela dit, l'expérience est extrêmement intéressante, et je ne regrette pas du tout de l'avoir tentée. Il n'est d'ailleurs pas impossible que je refasse un stage, un jour ou l'autre. Cette première tentative m'a laissé un furieux goût de reviens-y. :) Si cette aventure olfactive vous intéresse, voilà le site où j'ai trouvé ce stage de création de parfum. C'était à Eze, mais il me semble qu'il y en a ailleurs aussi. Davantage d'information est disponible sur le site de cette session pour créer son parfum à Eze.

Posté par stedelab à 17:04 - Permalien [#]

11 décembre 2017

Renforcer l'intégration du secteur financier pour assurer un meilleur partage des risques entre les acteurs privés

La poursuite de l'intégration financière en zone euro constitue une priorité réalisable à court terme, dans le cadre des traités actuels. Elle repose essentiellement sur deux volets, visant à assurer un meilleur partage des risques par le secteur privé et à réduire la fragmentation financière. D'une part, l'achèvement de l'Union bancaire constitue un chantier prioritaire. L'adoption de nouvelles mesures de réduction des risques dans le domaine prudentiel (intégration de Bâle 3, nouveaux ratios de passifs de renflouement interne, etc.) et, dans le même temps, de mesures de partage de ces risques, avec la mise en place d'un mécanisme commun de soutien permanent (« backstop ») au Fonds de résolution unique et l'introduction d'une garantie européenne des dépôts, devrait permettre de diminuer les risques de contagion entre bancaire et souverain et d'éviter des situations de fuite des dépôts dans un pays qui fait face à un choc de confiance sur son secteur bancaire. D'autre part, la poursuite de l'initiative engagée en 2015 visant à établir une Union des marchés de capitaux (UMC) dans l'Union européenne constitue une étape d'intégration de nature à mieux répartir les risques en zone euro et donc à renforcer sa résilience tout en améliorant l'environnement des affaires. En effet, l'objectif est de faciliter et diversifier le financement des entreprises, dont les PME et ETI, qui repose aujourd'hui largement sur le secteur bancaire. L'UMC permettrait ainsi, notamment grâce à des mesures destinées à développer le capital-investissement et une meilleure efficacité des régimes de faillites, de faciliter l'accès des entreprises aux marchés financiers ainsi que l'investissement transfrontalier, de réduire la fragmentation financière au sein de l'Union européenne et de renforcer sa résilience en favorisant une répartition des risques au sein du secteur privé sur un champ plus large.

Posté par stedelab à 16:34 - Permalien [#]