La connaissance des impacts environnementaux constitue une dimension essentielle de l’insertion des équipements d’EnRM dans les zones côtières. Celles-ci sont le siège d’un grand nombre d’usages concurrents qui exploitent, eux aussi, les ressources physiques et biologiques du milieu marin. Une bonne gestion de ces usages dépend d’une analyse de leurs impacts. En l’occurrence, les impacts environnementaux sont particulièrement difficiles à évaluer car il n’y a pas assez de retour d’expérience (hors éolien et marémoteur), surtout sur les effets cumulatifs, les technologies étant au stade de prototype. Par ailleurs, les perturbations du milieu risquent d’être englobées dans la variabilité générale, notamment celle entraînée par le changement climatique à l’horizon 2030. Il est avéré que la technologie marémotrice avec barrage dans un estuaire altère le fonctionnement de l’écosystème. Pour les autres technologies envisagées, il n’est possible que de faire des hypothèses sur les risques possibles. L’exploitation de courants permanents pourrait modifier ces flux et les mouvements sédimentaires qui leur sont liés. L’exploitation extensive de microalgues, si elle n’est pas faite avec précaution, pourrait conduire à une prolifération incontrô- lée de ces microorganismes. En revanche, l’installation de structures en mer (lagon, éoliennes…) peut créer un effet « récif » sur des fonds sableux et favoriser la présence de poissons, voire la constitution d’écosystèmes originaux. Les impacts écologiques des lagons artificiels marémoteurs restent à étudier. Les connaissances sur l’évolution des écosystèmes associés aux infrastructures progresseraient comme le montre l’amélioration des connaissances ornithologiques marines permise grâce aux études d’impact et aux suivis réalisés sur les premiers parcs éoliens marins (cf. expérience danoise). En conséquence, il apparaîtra une demande soutenue sur les impacts des différentes technologies sur le milieu, avec des interrogations spécifiques pour les systèmes hybrides, pour lesquels on peut anticiper des effets croisés et non additifs, comme par exemple pour la combinaison éolien/houlomoteur ou thermique/biomasse.